En rapprochant deux thèmes développés dans les recherches aixoises, nous proposons une réflexion sur les relations entre espace d’habitat et structure artisanale à l’échelle de la ville, du quartier ou de l’unité architecturale. Notre regard se portera sur trois zones géographiques de Méditerranée occidentale : l’Afrique du Nord, la Gaule et l’Italie. Le cadre chronologique choisi – l’Antiquité au sens large – reste ouvert aux comparaisons diachroniques.

Nous nous intéresserons dans un premier temps à la ville et à sa périphérie, en nous interrogeant sur les choix des implantations de structures artisanales dans ou hors la ville, à proximité immédiate ou à l’écart des secteurs d’habitat. Les phénomènes de déplacement, de zones urbaines en zones suburbaines, seront également au centre de nos problématiques.

Dans un second temps, nous porterons notre attention sur la répartition de l’habitat et de l’artisanat dans la trame urbaine.
Nous nous interrogerons sur la lisibilité de l’articulation des secteurs résidentiels et des secteurs artisanaux et sur la pertinence de la notion de quartiers spécifiques.

Enfin, à l’échelle de l’unité ou de l’ensemble architectural, qu’il s’agisse d’un îlot, d’une maison ou d’un atelier, notre réflexion portera sur la relation planimétrique entre les espaces dédiés à la production et les espaces dévolus à la vie domestique : comment une structure artisanale s’insère-t-elle dans un lieu d’habitat et, à l’inverse, quelle est la place accordée à la vie domestique dans un espace à vocation artisanale ? Selon quelles modalités et à quelles occasions une structure artisanale s’implante-t-elle dans un contexte domestique

Seront également abordées certaines questions transversales, communes aux différents axes de réflexion : l’organisation spatiale est-elle la même dans les villes et les agglomérations secondaires ? Des caractéristiques régionales sont–elles perceptibles ? Une périodisation ou une évolution des rapports habitat/artisanat peut-elle être établie et, le cas échéant, les facteurs contextuels - historiques, économiques et sociaux - sont-ils lisibles ?

Ce colloque, prévu sur deux jours, sera l’occasion de réunir jeunes chercheurs et spécialistes et de confronter différentes recherches.
Nous souhaitons vivement que ces journées constituent un point de rencontre propice à l’échange et à la réflexion collective. En ce sens nous avons opté pour un déroulement de séance où le débat occupe une place privilégiée.
Chaque séance sera animée par un spécialiste chargé de présenter une synthèse des communications, enrichie d’éléments de comparaisons issus de sa propre recherche. Les présidents seront également chargés d’ouvrir et d’animer un débat autour des problématiques soulevées au cours de la séance.

La thématique principale du colloque – les relations entre structures artisanales et espaces d’habitat - sera déclinée selon trois angles d’approche. Chacune des trois séance du colloque sera consacrée à l'une des échelles d'observation.

La première séance, consacrée au rapport entre centre urbain et périphérie, sera dirigée par Michel Bonifay (Chargé de Recherche, CNRS, Centre Camille Jullian, Aix-en-provence).

La seconde séance, centrée sur les différents secteurs de la ville, sera présidée par Pascale Chardron-Picault (Service Archéologique de la Ville d’Autun).

La troisième séance, consacrée à l’unité ou à l’ensemble architectural sera présidée par Philippe Borgard (Chargé de Recherche CNRS, Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence).

Les conclusions finales seront présentées par Jean-Paul Morel (Université de Provence, responsable du RIU, centre d’Aix).

Souen Fontaine (LAMM), Stéphanie Satre (CCJ), Amel Tekki (CCJ)